
L’affaire avait marqué les esprits en 2023. L’annulation de la Cathare Moto Trail, à quelques jours seulement du départ, avait laissé un goût amer aux participants comme à l’organisateur Cocoricorando. Deux ans plus tard, la justice vient de trancher… et donne raison aux organisateurs. Le 14 octobre 2025, le tribunal administratif de Montpellier a en effet annulé les arrêtés pris par quatre communes — Belvis, Nébias, Puivert et Val-du-Faby — et condamné chacune d’entre elles à verser 1 500 € à l’organisateur.
Une annulation de dernière minute
La 7ᵉ édition de cette randonnée devait proposer un parcours de 650 km à travers 87 communes des Corbières. Un événement d’ampleur, soigneusement préparé, avec des démarches administratives validées et aucun avis défavorable des autorités compétentes. Mais à quelques jours du départ, la situation bascule. Une campagne de désinformation autour des enjeux environnementaux, notamment liés au dispositif Natura 2000, vient semer le doute auprès de certains élus locaux. Malgré les échanges engagés par Cocoricorando et le soutien du Codever, la préfecture confirme pourtant, quatre jours avant l’événement, qu’aucune menace avérée ne pèse sur les espèces protégées.
Des décisions prises “en catimini”
C’est finalement à deux jours du départ que l’organisateur découvre l’existence d’arrêtés d’interdiction pris par plusieurs communes, sans concertation ni information préalable.
Face à cette situation, et à des menaces de contrôles renforcés sur le terrain, l’annulation devient inévitable. À la clé : un préjudice financier important, estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros, et une profonde frustration pour les participants.
La justice donne raison aux organisateurs
Refusant de subir, Cocoricorando décide de contester ces décisions devant la justice administrative. Le verdict est sans appel :
- les arrêtés sont annulés
- les communes sont condamnées
Une décision qui ne compense pas totalement les pertes subies, mais qui établit clairement le caractère abusif de ces interdictions.
Un signal fort pour la pratique du trail
Au-delà de ce cas précis, cette affaire rappelle une réalité bien connue des pratiquants : l’accès aux chemins reste fragile et dépend souvent d’équilibres locaux. Céder face à des décisions arbitraires, c’est prendre le risque de voir se multiplier ce type de situations. À l’inverse, contester permet de faire respecter le droit et de préserver une pratique encadrée et responsable.
Soutenir ceux qui défendent nos chemins
Dans ce dossier, le rôle du Codever a une nouvelle fois été déterminant, et c’est sans doute là l’enseignement principal : sans structures pour défendre les usagers, les interdictions abusives pourraient se multiplier sans opposition.
Soutenir le Codever, c’est concrètement :
- défendre l’accès aux chemins
- protéger la pratique du trail et de l’off-road
- maintenir un dialogue avec les institutions
À l’heure où les restrictions se durcissent un peu partout, cet engagement devient essentiel pour continuer à circuler librement, dans le respect des règles, sur nos terrains de jeu.
L’affaire n’est d’ailleurs pas totalement close : Cocoricorando pourrait désormais engager une procédure pour obtenir réparation de son préjudice.

