Le Codever interpelle le Premier ministre : « Arrêter d’emmerder les Français ? Chiche ! »

Le 26 mai 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu reprenait à son compte la célèbre formule prêtée à Georges Pompidou : « Il faut arrêter d’emmerder les Français. » Une déclaration à fort écho, que le Codever — Collectif de Défense des Véhicules de Randonnée — n’a pas laissé passer sans réagir.

Trois jours plus tard, le 29 mai, l’association publiait sur ses réseaux sociaux une réponse directe au chef du gouvernement : « Chiche ! » Un seul mot, mais chargé d’une revendication portée depuis des années par les défenseurs des sports de nature motorisés.

Un contexte tendu pour les randonneurs motorisés

Pour comprendre la portée de cette interpellation, il faut rappeler le contexte dans lequel évoluent les pratiquants de moto trail, d’enduro, de quad et autres activités motorisées hors route. Depuis plusieurs décennies, ces disciplines subissent une pression réglementaire croissante, conjuguant multiplication des arrêtés municipaux d’interdiction, fermeture progressive des chemins ruraux et insécurité juridique persistante sur la définition même du « hors-piste ».

Le Codever, association reconnue d’intérêt général au titre de la protection de l’environnement, dénonce depuis longtemps ce qu’il considère comme une discrimination de fait à l’égard des sports motorisés. Là où le VTT ou la randonnée pédestre bénéficient d’un développement d’offres légales soutenu par les pouvoirs publics, la moto trail et ses disciplines cousines restent, selon l’association, systématiquement « oubliées ».

Six propositions concrètes sur la table

À l’occasion de cette prise de parole publique, le Codever a rappelé son programme en six points, élaboré dès 2022 et toujours d’actualité.

Premièrement, clarifier le statut juridique des chemins afin que la circulation sur un chemin rural — par nature ouvert au public — ne puisse plus faire l’objet de poursuites sur la base de critères subjectifs tels que la largeur ou l’état d’entretien de la voie. Deuxièmement, proportionner strictement les interdictions de circuler, en faisant de la liberté la règle et de l’interdiction l’exception mesurée et justifiée. Troisièmement, protéger réellement les chemins ruraux contre les accaparements illégaux par des riverains, pratique que l’association qualifie de fléau silencieux. Quatrièmement, développer une offre légale équitable pour tous les sports de nature, motorisés ou non, en rééquilibrant les politiques publiques de développement du tourisme vert. Cinquièmement, imposer des dispositifs de fermeture inoffensifs sur les chemins privés — la question des câbles et chaînes tendus en travers des pistes ayant causé, depuis 2004, dix décès et une cinquantaine de blessés recensés. Sixièmement, éduquer et sensibiliser les jeunes dès 14 ans aux règles régissant l’accès à la nature, un domaine aujourd’hui absent des formations au permis AM.

Une pétition pour peser dans le débat

Afin de donner du poids à ses revendications, le Codever invite les pratiquants et sympathisants à signer la pétition de soutien à son programme : Soutenez le programme du Codever en faveur des sports de nature.

Pour notre communauté de motards trail et d’aventuriers deux-roues, la démarche mérite attention. Que l’on soit adepte du trail du week-end sur les chemins de l’Ardèche ou du grand raid au long cours, les restrictions d’accès aux itinéraires constituent un irritant quotidien, souvent vécu comme une injustice face aux autres usagers de la nature.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement. La formule de Pompidou est connue. Reste à savoir si elle se traduira, cette fois, par des actes concrets en faveur de la liberté de circuler

Pour consulter le détail des six propositions du Codever : codever.fr

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