Vous envisagez de partir bivouaquer cet été avec votre trail ? Planter la tente au bord d’une piste après une grosse journée de roulage fait rêver beaucoup de voyageurs… mais attention, la réglementation française est bien plus stricte qu’on ne l’imagine. Le CODEVER vient justement de publier un rappel complet sur le sujet, issu de son « Guide Vert », afin d’éviter les mauvaises surprises aux amateurs d’aventure.
Bivouac et camping sauvage : juridiquement, c’est la même chose
Premier point important : contrairement à une idée reçue très répandue, le terme « bivouac » n’existe quasiment pas dans les textes de loi français. Pour l’administration, il s’agit simplement d’une forme de camping pratiqué hors terrain aménagé. Résultat : bivouac et camping sauvage sont soumis aux mêmes règles.
En théorie, dormir sous tente reste autorisé si l’on se trouve hors de l’emprise des routes et avec l’accord du propriétaire du terrain. Mais dans la pratique, les exceptions sont nombreuses.

De nombreux secteurs interdits
Le bivouac est ainsi interdit dans plusieurs zones sensibles :
- sur le littoral
- dans les sites classés
- près des monuments historiques
- autour des captages d’eau potable
- ou encore dans certaines communes via des arrêtés municipaux ou préfectoraux.
Le problème, c’est que les règles changent fortement d’un territoire à l’autre. Une vallée peut tolérer le bivouac tandis que la commune voisine l’interdit totalement. D’où l’importance de vérifier la signalisation locale avant de s’installer.
Le hors-piste reste interdit en véhicule motorisé
C’est probablement le point le plus important pour les trailistes. Même si le bivouac peut être autorisé, sortir des chemins avec une moto pour aller planter sa tente reste interdit dans la majorité des cas. Le Code de l’environnement impose aux véhicules motorisés de rester sur les voies ouvertes à la circulation publique.
Autrement dit : quitter une piste ou traverser un champ pour trouver « un coin tranquille » peut suffire à constituer une infraction, même sans rouler vite ni faire de dégâts.
La seule vraie exception concerne le propriétaire du terrain ou une personne disposant d’une autorisation explicite. Dans ce cas, mieux vaut pouvoir présenter un accord écrit en cas de contrôle.
Attention aux réseaux sociaux
Le CODEVER rappelle également un point souvent oublié : publier des photos de hors-piste sur les réseaux sociaux peut entraîner des poursuites. Une image montrant une moto installée hors chemin peut être utilisée comme preuve d’infraction.
Un sujet particulièrement sensible aujourd’hui, alors que certaines pratiques irresponsables alimentent régulièrement les tensions autour de l’accès aux chemins.

Feux et barbecues : vigilance maximale
Autre sujet critique : le feu. Dans ou à proximité des espaces forestiers, l’utilisation d’un réchaud, d’un barbecue ou même d’une cigarette peut être interdite selon les périodes et les départements.
Avec les risques d’incendie grandissants, certaines préfectures peuvent également fermer temporairement des massifs entiers ou interdire l’accès à certaines pistes. Avant un voyage, consulter les arrêtés préfectoraux et la météo des forêts devient quasiment indispensable.
Une pratique encore possible… à condition d’être discret et respectueux
Le bivouac n’est donc pas interdit par principe en France, mais il demande aujourd’hui beaucoup plus d’anticipation qu’auparavant. Respect des propriétés privées, absence de nuisances, discrétion et propreté deviennent essentiels pour préserver cette liberté fragile.
Car au final, le meilleur moyen de continuer à profiter des chemins reste sans doute d’appliquer une règle simple : laisser l’endroit plus propre qu’à son arrivée.

